Friday, June 30, 2023

(99+) What Is the Value of Faith For Salvation? A Thomistic Response to Kvanvig | James Dominic Rooney - Academia.edu

https://www.academia.edu/40101016/What_Is_the_Value_of_Faith_For_Salvation_A_Thomistic_Response_to_Kvanvig


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Friday, June 23, 2023

L’unione e l’abisso tra fede e ragione. 400mo della nascita di Blaise Pascal – Osservatorio Card. Van Thuân

https://vanthuanobservatory.com/2023/06/21/lunione-e-labisso-tra-fede-e-ragione-400mo-della-nascita-di-blaise-pascal/


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Principi primi

vi è una grande quantità di princìpi su cui tutti concordano e sui quali vi è la certezza della verità, pur essendo la ragione umana imperfetta e ferita dal peccato originale. Sono gli stessi princìpi elencati da Pascal: «c'è spazio, tempo, movimento, numero»[12], per cui il cinque è maggiore di tre, il mare è diverso dalla montagna, il sole è tondo, e molte altre proposizioni simili.


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Tuesday, June 13, 2023

Cardinal Ratzinger : Le Christ est l'image originelle de l'homme.


http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=12062023_1_VQEND

Éminence, avez-vous parfois peur de Dieu ?

    Je ne parlerai pas de peur. Car 
nous savons, par le Christ, comment est Dieuqu'il nous aime. Et il sait qui nous sommes. Il sait que nous sommes chair, que nous sommes poussière. C'est pourquoi il nous accepte dans notre faiblesse.
    Pourtant, j'ai toujours à nouveau le sentiment brûlant d'être en retard sur ma vocation. En retard sur l'idée que Dieu se fait de moi, de ce que je pourrais et devrais fournir.


Sentez-vous par là que parfois Dieu vous critique ou ne trouve pas correcte l'une de vos décisions ?


    Dieu n'est pas un gendarme ou un juge qui vous menace d'une pénitence. Mais au miroir de ma foi et aussi de la charge qui m'est advenue, il me faut m'interroger quotidiennement sur ce qui est juste et ce qui était de travers. Naturellement, je sens alors que quelque chose n était pas juste. Il existe pour cela le sacrement de pénitence.


On reproche aux catholiques leurs sentiments de culpabilité envers Dieu.


    Je crois que les catholiques sont avant tout animés par un profond sentiment du pardon de Dieu. Prenons l'art baroque ou le rococo. On voit là une grande sérénité. Ce n'est pas sans raison qu'on attribue à des nations aussi typiquement catholiques que l'Italie et l'Espagne une certaine légèreté intérieure.
    Peut-être y a-t-il eu, dans certaines parties du christianisme, des formes d'éducation et des déviations exagérant les aspects terrifiants, le difficile, le sévère, mais ce n'est pas à proprement parler catholique. D'après mon sentiment, ce qui domine en dernière analyse chez ceux qui vivent de la foi de l'Église,
 c'est la conscience de la rédemption : Dieu ne nous laisse pas tomber.

Existe-t-il une langue utilisée par Dieu pour nous dire de manière tout à fait concrète : « Oui, fais-le ! » ou, précisément : « Halte-là ! Dernier avertissement ! Il vaudrait mieux laisser tomber ?
.» 

    Dieu parle à voix basse. Mais il y a beaucoup de signes. C'est justement après coup qu'on peut reconnaître que, par des amis, par un livre ou encore par un soi-disant échec ou même par un accident, il nous a donné une petite estocade. D'ailleurs la vie est pleine de ces indications presque imperceptibles. Petit à petit, si je reste attentif, il s'en dégage un tout et je commence à percevoir comment Dieu me conduit.


Vous entretenir avec Dieu, est-ce devenu aussi naturel que de téléphoner ?


    D'une certaine manière on peut comparer les deux. 
Je sais qu'il est toujours présent. Et lui sait de toute façon qui je suis et ce que je suis. Je ressens d'autant plus le besoin de l'invoquer pour m'en remettre à lui, pour m'entretenir avec lui. Je peux parler de ce qu'il y a de plus simple et de plus intime comme de ce qu'il y a de plus pesant et de plus grand. Il est pour ainsi dire normal pour moi d'avoir, dans le quotidien, la possibilité de m'adresser à lui.

Dieu est-il toujours plein de respect ou montre-t-il aussi de l'humour ?


    Je crois qu'il a beaucoup d'humour. Parfois il vous donne une petite bourrade comme pour dire : ne te crois donc pas si important ! En réalité, l'humour est une composante de la joie de la création. Beaucoup de détails de nos vies nous apprennent que Dieu veut nous inciter à être un peu plus légers, à voir aussi ce qui est joyeux, à descendre du piédestal et à ne pas oublier d'être sensible à ce qui est joyeux.


Vous arrive-t-il de vous fâcher contre Dieu ?


    Bien sûr. Je pense de temps à autre : pourquoi ne m'aide-t-il pas davantage ? Parfois il reste énigmatique pour moi. Dans ce qui me fâche, je perçois quelque part son mystère et son étrangeté. Mais se fâcher directement contre Dieu signifierait qu'on l'a trop abaissé. Souvent, ce sont des choses tout à fait superficielles qui provoquent la colère. Et lorsqu'elle est vraiment justifiée, il faut toujours se demander si, à travers les choses qui me fâchent ou les personnes qui me mettent dans cet état, quelque chose d'important ne m'est pas signifié. 
Mais contre Dieu lui-même, je ne me fâche jamais.

Pour commencer votre journée, que faites-vous ?


    Avant de me lever, je fais une courte prière. La journée prend une autre tournure lorsqu'on ne s'y précipite pas directement. Vient ensuite ce qu'on fait habituellement tôt le matin : la toilette, le petit déjeuner. 
Suivent la sainte messe et le bréviaire. Les deux constituent pour moi les actes fondamentaux de la journée : la messe est une réelle rencontre de la présence du Christ ressuscité, et le bréviaire, l'entrée dans la grande prière de toute l'histoire du salut. Les Psaumes en constituent le cœur. Par eux on rejoint la prière des siècles et l'on y perçoit les voix des Pères. Tout cela ouvre la porte du jour. Le travail normal peut commencer.

Quelle est la fréquence de vos prières ?


    Il y a les temps fixes de prière : à midi où, selon la tradition catholique, nous prions l'angélus. L'après-midi nous récitons les vêpres et le soir les complies, qui est la prière du soir de l'Église. Et entre-temps, lorsque je ressens le besoin d'aide, je peux toujours insérer de courtes prières.


Avant le lever, dites-vous toujours une autre prière ?


    Non, c'est une prière fixe, en réalité un choix de diverses petites prières, mais globalement une formulation fixe.


Que recommandez-vous dans ce cas ?


    Chacun peut faire son propre choix dans le trésor de l'Église.


Et la nuit, lorsqu'on ne trouve pas le repos...


    ..
Je recommanderais le chapelet. C'est une prière qui, à côté de sa signification spirituelle, a la vertu de calmer l'esprit. Lorsqu'on fixe son attention sur les mots, on se libère peu à peu des pensées qui oppriment.

Comment arrivez-vous à bout de vos problèmes, à supposer que vous en ayez ?


    Comment n'en aurais-je pas ? D'une part j'essaie d'inclure mes problèmes dans la prière et de me fortifier ainsi intérieurement. D'autre part j'essaie d'entreprendre quelque chose d'exigeant, de m'attacher à une tâche qui me sollicite et qui, en même temps, me procure de la joie. Et, finalement, la rencontre d'amis me permet de prendre un peu de recul par rapport au présent. Ces trois composantes sont importantes.


Je crois que chacun, à un moment ou à un autre, se sent fatigué, épuisé et sans force. Et il désespère et se met en colère contre son destin, apparemment tordu et injuste. Comment est-il possible d'inclure ces problèmes dans la prière, comme vous disiez ?


    Il faut peut-être commencer comme Job. Il faudrait d'abord, à mon avis, récriminer intérieurement contre Dieu, sans précaution aucune et lui dire : « Que fais-tu donc avec moi ?! » La voix de Job reste une voix authentique, qui nous dit que nous pouvons et peut-être que nous devons le faire. Bien que Job se soit vraiment plaint à Dieu, Dieu à la fin lui donne raison. Il lui dit qu'il a bien agi et que les autres, avec tous leurs discours, n'ont pas bien parlé de Lui, Dieu.
    Job s'engage dans une lutte et étale devant Dieu ses griefs. Peu à peu il entend alors la voix de Dieu : la situation se modifie et une autre perspective s'en dégage. Ainsi je sors du simple état de victime et, bien que ne pouvant encore comprendre l'amour qu'il est, je puis tout de même penser que cela est bien ainsi.


Peut-être devrait-on tout simplement aborder ses problèmes avec plus de sévérité et ne pas du tout permettre qu'ils se posent.


    Les problèmes existent, tout simplement. Certaines décisions, échecs, défaillances humaines, déceptions vous concernent et doivent vous concerner. Les problèmes devraient vous éduquer à pouvoir assumer de telles situations. S'endurcir totalement et devenir imperméable constituerait une perte d'humanité et de sensibilité, même vis-à-vis des autres. Le stoïcien Sénèque a dit : La compassion est détestable. Le Christ, en revanche, est le compatissant, et c'est pour cela qu'il nous est précieux. La compassion, comme la vulnérabilité, caractérisent le chrétien. Il faut apprendre à accepter les blessures, à vivre avec et à y trouver finalement une guérison plus profonde.


Beaucoup priaient étant enfants, puis l'ont désappris. Faut-il apprendre à converser avec Dieu ?


   
 Le sens pour Dieu peut s'atrophier au point de rendre insignifiantes les paroles de la foi. Et celui qui ne les entend pas, ne peut non plus les dire, car être sourd et être muet vont de pair.
    C'est comme si on devait apprendre sa propre langue maternelle. C'est lentement qu'on parvient à déchiffrer les lettres de Dieu, à parler cette langue et à comprendre Dieu, même si c'est toujours de manière insuffisante. On arrive alors, petit à petit, à prier soi-même et à converser avec Dieu, d'abord de manière enfantine — en un certain sens, cela le restera toujours - mais, ensuite, de plus en plus, avec ses propres paroles.


Vous avez dit un jour : si l'homme ne se fie qu'à ce qu'il voit, il est en réalité aveugle...


    ...car alors il limite son horizon de telle sorte que l'essentiel lui échappe. Son intelligence non plus, il ne la voit pas ! C'est justement ce qui est vraiment porteur qu'il ne voit pas avec ses yeux purement corporels. Il ne voit pas bien dans la mesure où il ne peut porter son regard au-delà de ce qui est directement perceptible.


Quelqu'un me disait qu'avoir la foi, c'est comme si on sautait d'un aquarium dans l'océan. Vous souvenez-vous de votre première grande expérience de la foi ?


    Je dirais que pour moi il s'agit plutôt d'une lente croissance. Bien sûr, il y a des points culminants : subitement, dans la liturgie, dans la théologie, lors de l'élaboration d'un concept théologique, quelque chose devient ample et porteur, qui n'est plus seulement reçu, d'ailleurs. Je ne peux identifier dans ma vie un processus particulier, ce grand saut dont vous avez parlé. C'était plutôt comme si on osait lentement et prudemment quitter les eaux peu profondes et soupçonner quelque chose de l'océan qui fonce sur nous.
Je pense aussi qu'on n'arrive jamais au bout de la foi. La foi doit toujours être ranimée dans la souffrance et dans la vie, comme dans les grandes joies que Dieu nous offre. Jamais elle n'est simplement ce qu'on peut empocher comme une pièce de monnaie.

UNE IMAGE DE DIEU

Mon jeune fils me demande parfois : « Dis-moi, papa, comment Dieu est-il au juste ? »


    Je lui répondrais qu'on peut se représenter Dieu comme nous le connaissons par Jésus-Christ, qui nous dit : « 
Qui me voit, voit le Père. »
    Et si l'on considère toute l'histoire de Jésus - depuis sa naissance, en Passant par sa vie publique, par ses paroles fortes et prenantes, jusqu'à la dernière Cène, la Croix, la Résurrection et l'envoi en mission —, on perçoit quelque chose du visage de Dieu. 
Ce visage est sérieux et grand. Il dépasse énormément notre échelle humaine. Mais au fond il dégage la bonté, l'accueil, la bienveillance envers nous, ce qui constitue en dernière analyse son trait caractéristique.

Mais n'est-il pas écrit également que nous ne devons pas nous représenter Dieu ?


   Ce commandement est modifié dans la mesure où c'est Dieu lui-même qui nous a donné son image. L'épître aux Colossiens (1, 15) dit du Christ :
 il est l'image de Dieu. Et en lui se réalise tout ce qui est dit de la création de l'homme.
    
Le Christ est l'image originelle de l'homme. Nous ne pouvons pas représenter Dieu lui-même dans son infinité, mais nous pouvons voir l'image dans laquelle il s'est lui-même représenté. Dorénavant, nous ne faisons plus d'image, mais Dieu lui-même a montré son image. Par là il nous regarde et nous parle.
    Cependant, l'image du Christ n'est pas simplement une photo de Dieu. En cette image du Crucifié on trouve bien plutôt toute la biographie de Jésus, surtout sa biographie intérieure. On est ainsi introduit dans une vision qui ouvre les autres sens et les dépasse.


Comment pourrait-on, en quelques phrases, caractériser Jésus ?


    Ici nos mots sont trop faibles. 
Ce qui est fondamental, c'est que Jésus est le Fils de Dieu, qu'il est de Dieu et en même temps vraiment homme. Qu'il est celui en qui nous advient non seulement un génie humain et un héros humain, mais en qui Dieu transparaît. On peut dire que dans le corps déchiré de Jésus sur la croix nous voyons qui est Dieu, à savoir celui qui se donne à nous à ce point.

Jésus était-il catholique ?


    On ne peut certainement pas dire cela avec certitude, car il est au-dessus de nous. De nos jours, il existe la formule inverse : on dit que Jésus n'était pas chrétien, mais juif. Ce n'est que partiellement vrai. Il était juif selon son appartenance ethnique. Il était juif parce qu'il avait accepté la Torah et vécu selon elle. Il était même, malgré toutes ses critiques, un juif pieux, qui a respecté le culte au Temple. Mais, malgré tout, il a rompu et dépassé l'Ancien Testament de par son autorité de Fils.
    Jésus s'est compris lui-même comme le nouveau Moïse, supérieur à l'ancien, qui ne se contente pas d'interpréter la Loi, mais la renouvelle. C'est ainsi qu'il a dépassé ce qui était traditionnel et a créé du neuf. Il a élargi l'Ancien Testament à l'universalité d'un peuple, qui couvre la terre entière et qui est appelé à grandir sans cesse.
 Il est donc à l'origine de la foi et l'Église catholique qui se sait voulue par lui, mais il n'est pas simplement l'un de nous.

Comment et quand avez-vous personnellement su ce que Dieu attend de vous ?


    
Je pense qu'il faut le réapprendre en permanence. En fait, Dieu veut qu'on aille toujours plus loin. Si vous faites allusion à la décision quant à ma vocation, à l'orientation fondamentale qui devait être la mienne et que je voulais telle, il s'agit en fait d'un intense processus de maturation, qui a connu quelques complications durant mes années d'étude. Ce chemin m'a amené à m'approcher de l'Église, à rencontrer des conseillers spirituels, des prêtres et des compagnons de route, et, naturellement, à fréquenter la Sainte Écriture. Il s'agit de tout un nœud de relations qui, petit à petit, s'est clarifié.

Il est vrai que vous avez dit un jour que, lors de votre décision pour la vocation sacerdotale, il s'agissait d'« une réelle rencontre » entre Dieu et vous. Comment peut-on se représenter cette rencontre entre Dieu et Joseph Ratzinger ?


    En aucun cas de la manière dont on se représente une rencontre entre deux personnes humaines. On peut sans doute la décrire comme quelque chose qui vous touche et vous colle à la peau et qui, ensuite, s'imprègne profondément dans l'âme. 
On sent tout simplement qu'il doit en être ainsi et que c'est le bon chemin. Ce n'était pas une rencontre dans le sens d'une illumination mystique. Ce n'est pas de ce genre d'expérience que je pourrais me vanter. Mais je peux dire que cette lutte a globalement abouti à une prise de conscience claire et exigeante, de manière à représenter pour moi, intérieurement, la volonté de Dieu.

« Dieu t'a aimé le premier » (cf. 1 Jn 4, 19), nous enseigne le Christ, Et il t'aime sans considération de provenance et d'importance. Qu'est-ce que cela signifie? 


    Il faudrait comprendre cette phrase le plus littéralement possible, ce que j'essaie de faire. Car elle est réellement la grande force de notre vie et !a consolation qui nous est nécessaire. Et fréquemment.
    Il m'a aimé le premier, avant même que je sois capable d'aimer. Ce n'est que parce qu'il m'a déjà connu et aimé que je fus créé. 
Je n'ai pas été jeté dans le monde par l'effet d'un hasard, comme le dit Heidegger, et je devrais maintenant voir comment surnager dans cet océan. Une connaissance, une idée, un amour me précèdent. Cela constitue le fond même de mon existence.
    Ce qui est important pour chaque homme, ce qui confère un poids à sa vie, c'est qu'il se sait aimé par Dieu. Celui-là précisément qui est dans une situation difficile tient bon quand il sait que quelqu'un l'attend, qu'il est désiré et utile. Dieu est premier et il m'aime. C'est le fondement solide sur lequel repose ma vie, et à partir duquel je peux moi-même en élaborer le projet.

LA CRISE DE LA FOI

Monsieur le cardinal, sur la plupart des continents de la terre, la demande de la foi chrétienne est plus forte que jamais. Dans les seules cinquante dernières années, le nombre des catholiques a doublé dans le monde, atteignant plus d'un milliard d'hommes. Mais, dans beaucoup de pays du vieux monde, nous assistons à une sécularisation croissante. C'est comme si de grandes parties de la société européenne voulaient désormais se couper entièrement de leur héritage. Des adversaires de la foi parlent d'une « malédiction du christianisme » dont il faudrait enfin se libérer.
Nous avons traité de ce sujet exhaustivement dans notre premier livre 
Le Sel de la terre. Beaucoup sont prêts à adopter les stéréotypes antichrétiens et anti-Église sans réflexion personnelle. La raison en est souvent, que tout simplement les contenus et les signes de la foi nous sont devenus étrangers. Nous ne savons plus ce qu'ils signifient. L'Eglise n'a-t-elle plus rien à dire ?


    
Nous vivons sans aucun doute à une époque où la tentation de s'en sortir sans Dieu est devenue très grande. Notre culture de la technique et du bien-être repose sur la conviction que, finalement, tout est faisable. Naturellement, quand nous pensons ainsi, la vie se limite à ce que nous pouvons faire et produire et prouver. La question de Dieu devient superflue.
    La tentation est grande de généraliser cette conception, parce que le recours à Dieu signifie effectivement se mettre sur un autre plan, qui autrefois était sans doute plus facilement accessible. C'est pourquoi on dit facilement : « Ce que nous ne faisons pas nous-mêmes n'existe pas. »

Depuis lors, il y a eu beaucoup d'essais pour construire des éthiques sans Dieu.


    Bien sûr. On compte rechercher par là ce qui censé convenir le mieux à l'humanité. Par ailleurs on tente de faire de l'accomplissement intérieur de l'homme, du bonheur, un produit constructible. Ou encore on cherche refuge dans des formes de religions apparemment sans foi, des propositions ésotériques, qui ne sont généralement que des techniques pour être heureux.
    Toutes ces tentatives de maintenir le monde debout et de venir à bout de sa propre vie correspondent à notre manière de vivre et de concevoir l'existence. La parole de l'Église, en revanche, semble venir du passé, soit qu'elle vienne de si loin qu'elle n'appartient plus à notre époque, soit qu'elle émane d'une tout autre façon de vivre qui ne semble plus du tout actuelle. Il est certain que l'Église n'a pas encore accompli entièrement le saut dans le présent. Les anciennes paroles sont importantes et toujours valables. Il s'agit de les traduire dans l'expérience vivante pour qu'elles redeviennent audibles et c'est là un immense devoir qui nous incombe. Il nous reste beaucoup à faire.


Une image de Dieu basée sur l'ésotérisme nous offre une représentation d'un Dieu tout à fait différente qui, par des messages nouveaux, s'éloigne peu à peu des enseignements juifs ou chrétiens. Les rabbins et les prêtres, et même la Bible, dit-on ici, ne sont pas les sources de son enseignement. Les hommes feraient mieux de s'orienter d'après leurs propres intuitions. Ils devraient enfin se libérer des contraintes imposées par les religions traditionnelles et leurs puissantes castes sacerdotales pour retrouver leur intégrité et le bonheur auxquels ils étaient destinés à l'origine. A plus d'un titre, cela semble prometteur.


    Cela correspond exactement à notre besoin contemporain de religion et aussi de simplification. C'est pourquoi il y a là quelque chose d'éclairant et de prometteur. Mais il faut aussi se demander : 
Qui ou quoi légitime ce message ? La vraisemblance suffit-elle à le légitimer ? Cette vraisemblance est-elle un critère suffisant pour recevoir un message sur Dieu ? Ou n'est-ce pas justement le caractère vraisemblable d'un message qui constitue une tentation pour nous séduire ? Elle nous montre, il est vrai, un chemin plus simple, mais nous empêche aussi de découvrir la réalité.
    
Par là nous faisons finalement de nos sentiments le critère pour savoir qui est Dieu et comment nous devons vivreMais les sentiments sont changeants et nous remarquons très vite nous-mêmes que, de la sorte, nous bâtissons sur un fondement trompeur. Si éclairant que cela puisse paraître, je n'y vois que des idées humaines qui, en fin de compte, restent problématiques. L'essentiel de la foi restera que je n'y rencontre pas du déjà connu, mais que m'y advient ce qui dépasse ce que nous autres, humains, pouvons penser.

Objection : c'est l'Église qui le dit !


    Cela est prouvé par l'histoire qui s'en est suivie. C'est en elle que Dieu se vérifie pour ainsi dire toujours à nouveau et continuera à le faire. Je pense que nous aurons encore à en apprendre beaucoup là-dessus dans ce livre.
    
Finalement, il ne suffit pas aux hommes que Dieu ait dit ceci ou cela, ou que nous soyons capables de nous représenter ceci ou cela à son sujet. Ce n'est que s'il a fait et s'il est quelque chose pour nous qu'advient ce dont nous avons besoin et ce sur quoi une vie peut reposer.
    Du même coup nous reconnaissons qu'il n'y a pas seulement un discours sur Dieu, mais qu'il est une réalité. Que non seulement les hommes se sont fait une idée de lui, mais que quelque chose s'est passé : passé dans le sens littéral d'une passion. Cette réalité est plus grande que tous les mots, même si elle est plus difficile à atteindre que des mots.


Qu'une personne particulière, exécutée aux alentours de l'an 30 en Palestine, soit l'oint, l'élu de Dieu, le Christ, est non seulement une affirmation incroyable, mais encore une usurpation, une effroyable provocation. Un seul individu serait le centre de toute l'Histoire !
Des centaines de théologiens d'Asie disent que Dieu est trop grand et trop vaste pour s'être incarné dans une seule personne. En réalité, cela ne réduirait-il pas la foi de penser que le salut du monde entier se soit réalisé en un seul endroit ?


    L'expérience religieuse en Asie croit, d'une part Dieu si incommensurable et, d'autre part nos capacités de comprendre si limitées que, par conséquent, Dieu peut être représenté de manière toujours nouvelle par une infinité de reflets.
 Le Christ est alors un symbole de Dieu parmi d'autres, mais qui ne reflète absolument pas la totalité.
    Apparemment, il s'agit là d'une expression de l'humilité de l'homme face à Dieu. On tient pour impossible que Dieu puisse entrer en un seul homme. Du point de vue purement humain, nous ne pouvons attendre autre chose que d'apercevoir de Dieu ne serait-ce qu'une étincelle, qu'un petit aspect.


Cela ne semble pas déraisonnable.


   
 Oui. Il faudrait en réalité, pour parler raisonnablement, dire que Dieu est beaucoup trop grand pour entrer dans la petitesse d'un homme. Dieu est beaucoup trop grand pour qu'une idée ou un écrit puisse renfermer sa parole ; il ne peut se refléter que dans des expériences multiples et contradictoires. Par ailleurs, l'humilité deviendrait orgueil si nous refusions à Dieu la liberté et le pouvoir de devenir, par amour, si petit.
    C'est une consolation, pour le croyant chrétien, de penser que Dieu est si grand qu'il peut devenir petit. Pour moi, c'est en réalité d'abord en cela que consiste l'inattendue et inconcevable grandeur de Dieu, qu'il ait la possibilité de s'abaisser à ce point. Qu'il puisse entrer réellement lui-même dans un homme, qu'il ne se déguise pas en lui, pouvant changer de déguisement, mais qu'il devienne cet homme. Ainsi pouvons-nous voir la véritable infinité de Dieu qui est plus puissante, plus impensable et, en même temps, plus salvifique que tout.
    Dans le cas contraire, il faudrait toujours vivre avec quantité de contre-vérités. Les fragments contradictoires qui existent dans le bouddhisme comme dans l'hindouisme font effectivement penser à la solution de la théologie négative. Mais Dieu devient alors, en réalité, une négation - et n'a plus rien de positif, ni de constructif à dire à ce monde, finalement n'a plus rien à lui dire.
    À l'inverse, ce Dieu est justement un Dieu qui a le pouvoir d'aimer de telle manière qu'il est lui-même dans un homme, qu'il est présent et se fait reconnaître, qu'il entre en communion avec nous
.: exactement ce dont nous avons besoin pour n'avoir pas à terminer notre vie avec des fragments, des demi-vérités.
    Cela ne signifie pas que nous n'avons rien à apprendre des autres religions. Ou que la règle de ce qui est chrétien est fixée si définitivement que nous ne pourrions plus faire de progrès. 
L'aventure de la foi chrétienne est toujours nouvelle et son incommensurabilité est mise en valeur précisément par le fait que nous reconnaissions à Dieu ces possibilités.

La foi serait-t-elle donc en principe toujours dans l'homme ?


    Pour autant qu'on puisse connaître l'histoire humaine jusqu'à la préhistoire par les fouilles archéologiques, 
on constate que l'idée de Dieu a toujours existé. Les marxistes avaient prévu la fin de la religion. Avec la fin de l'exploitation, disait-on, le « médicament Dieu » deviendra inutile. Mais eux aussi ont dû reconnaître que la religion ne cesse jamais, parce qu'elle est en l'homme.
    Ce détecteur intérieur, toutefois, ne fonctionne pas automatiquement tel un appareil technique. Il est une réalité vivante, qui peut aussi grandir avec l'homme ou devenir insensible presque jusqu'à s'éteindre. La participation intérieure rend ce détecteur toujours plus aigu, plus vivant et plus sensible. Dans le cas contraire il s'estompe et devient comme anesthésié. Malgré cela, il reste quelque part dans l'homme incroyant un reste de question : n'y a-t-il pas tout de même quelque chose ? Sans cet organe intérieur, l'histoire humaine est incompréhensible.

Par ailleurs, il existe des livres plein les bibliothèques et de puissantes théories essayant de contredire cette foi. La foi contre la foi semble donc elle aussi être un principe, présentant même un aspect missionnaire. Les grandes expériences humaines de l'histoire récente, le nazisme et le communisme, tentaient de réduire à l'absurde la foi en Dieu et de l'extirper du cœur des hommes. Ce n'était sans doute pas le dernier essai.

    C'est pour cela que la foi en Dieu n'est pas un savoir, comme en chimie ou en mathématiques, mais reste la foi. Cela veut dire qu'elle a absolument une structure rationnelle : nous y reviendrons. 
Elle n'est pas une quelconque obscure affaire dans laquelle je m'engage. Elle me fournit une compréhension. Et il y a suffisamment de motifs compréhensibles pour y adhérer. Mais jamais elle ne devient pur savoir.
    Comme la foi investit toute l'existence, la volonté, l'amour, le détachement, elle doit nécessairement dépasser le pur savoir et le pur « vouloir prouver ». C'est pourquoi je peux toujours m'éloigner de la foi et trouver des motifs qui semblent la contredire.
    Il existe, nous le savons, une masse d'arguments contre la foi. Il suffit de voir l'immense souffrance dans le monde. Elle seule semble être une preuve contre Dieu. Prenons encore la petitesse, l'invisibilité de Dieu. Pour ceux dont les yeux de la foi se sont ouverts, il s'agit précisément là de sa vraie grandeur, mais pour qui ne peut pas ou ne veut pas faire ce pas, c'est un argument contre Dieu. On peut aussi tout dissoudre en le ramenant à de purs détails. On peut lire l'Ecriture sainte, le Nouveau Testament, de sorte qu'il n'en reste que des morceaux. Un savant peut dire alors que la résurrection a été inventée plus tard, que tout a été ajouté plus tard, rien ne résiste à l'examen.
    Tout cela est possible. Justement parce que l'histoire et la foi sont humaines. Et c'est pourquoi le débat concernant la foi ne cessera jamais. Ce débat est toujours aussi une lutte de l'homme avec lui-même et avec Dieu, lutte qui durera jusqu'au dernier matin de l'histoire.


Dans la société moderne, on doute qu'il n'y ait qu'une vérité. Cela se répercute sur l'Église, qui tient imperturbablement à cette notion. Vous avez même dit un jour que la profonde crise actuelle du christianisme en Europe provenait pour l'essentiel de la crise de son exigence de vérité. Pourquoi ?


    
Parce que plus personne n'ose dire que la foi dit vrai. On craint d'être alors considéré comme intolérant envers d'autres religions ou conceptions du monde. Et les chrétiens entre eux disent : nous avons eu peur de la haute exigence de vérité.
    C'est d'une certaine manière bénéfique. Car, lorsqu'on manie trop vite et trop légèrement l'exigence de vérité et qu'on s'y complaît, non seulement on peut devenir imbu de soi, mais encore étiqueter trop facilement comme vérité ce qui est secondaire et provisoire.
    La précaution en ce qui concerne l'exigence de vérité est de mise. Mais elle ne doit pas conduire à laisser tomber cette exigence. Nous ne faisons alors que tourner en rond dans divers modèles traditionnels.


Il est vrai que les frontières deviennent vraiment floues. Beaucoup rêvent d'une sorte de religion « plat unique », mais avec des compléments choisis, convenant parfaitement à tous les goûts. De plus en plus on fait une distinction entre « mauvaise » et « bonne » religion.


    Il est intéressant de noter que le terme tradition a largement remplacé celui de religion ou de confession et par là aussi le terme de vérité. Les religions sont considérées comme des traditions. Elles passent alors pour « vénérables », « belles », et on dit que celui qui se réclame d'une tradition doit la respecter, un autre respecter une autre et tous se respecter mutuellement. Si nous n'avons toutefois plus que les traditions, il y a naturellement déficit de vérité. Et, tôt ou tard, on se demandera pourquoi il faut encore la tradition. Ce qui entraînera la rébellion contre la tradition.
    Je me souviens toujours de la parole de Tertullien qui disait : « Le Christ n'a pas dit : "Je suis l'habitude", mais : "Je suis la vérité." » Le Christ n'approuve pas simplement l'habitude, au contraire il amène à en sortir. Il veut qu'on se mette en route, pour chercher ce qui est vrai, ce qui nous introduit dans la réalité du Créateur, du Rédempteur, de notre propre être. C'est pourquoi il faut considérer l'attention à l'exigence de vérité comme une grave obligation. Il faut aussi avoir le courage de ne pas perdre la vérité, d'y tendre, de l'accepter humblement et avec reconnaissance là où elle nous est donnée.

A suivre : J. Ratzinger/Benoit XVI : LE DOUTE 
 

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Sources : Extraits de la première partie  "Voici quel est notre Dieu" - Entretien du cardinal Ratzinger avec Peter Seewald E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel 
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 12.06.023


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Wednesday, June 07, 2023

Dio dice ciò che il tuo cuore sa - L'Osservatore Romano


https://www.osservatoreromano.va/it/news/2023-06/quo-130/dio-dice-cio-che-il-tuo-cuore-sa.html

06 giugno 2023

La libertà non è nella doppiezza dell'ambiguità ma nella tensione e nell'inquietudine che aiuta a essere ritrovato 
Scegliere la vita è cogliere una chiamata, una tensione, proprio nella spaccatura che è in me


«Vedi, io pongo oggi davanti a te la vita e il bene, la morte e il male» (Deuteronomio 30,15). Dio è semplice e pone la più complessa, la più drammatica di tutte le questioni — la questione — come un invito a misura d'uomo. «Io ti ho posto davanti la vita e la morte, la benedizione e la maledizione. Scegli dunque la vita, perché viva tu e la tua discendenza» (Deuteronomio 30,19). Le cose di ogni giorno non si presentano così, ma tremendamente aggrovigliate. A Israele è però offerta una parola che scioglie i nodi e apre sentieri. Due sentieri. Perché due, come suggeriva un titolo di Erri De Luca, è Il Contrario di uno. Dio è semplice, non monotono. È libero e libera. Due vie, allora. Cioè mai una sola. Certo, molte sapienze umane sono giunte allo stesso bivio. In effetti, ogni volta che può — cioè sempre, tranne quando si tratta del suo Nome — Dio parla la lingua di Abramo, Isacco, Giacobbe e via via di ogni suo interlocutore. Vuole essere capito. «Questo comando che oggi ti ordino non è troppo alto per te, né troppo lontano da te. Non è nel cielo, perché tu dica: "Chi salirà per noi in cielo, per prendercelo e farcelo udire, affinché possiamo eseguirlo?". Non è di là dal mare, perché tu dica: "Chi attraverserà per noi il mare, per prendercelo e farcelo udire, affinché possiamo eseguirlo?". Anzi, questa parola è molto vicina a te, è nella tua bocca e nel tuo cuore, perché tu la metta in pratica» (Deuteronomio 30, 11-14). Dunque, Dio dice ciò che il tuo cuore sa. Quanto benedetta, allora, è la tua inquietudine! Lì sorge non "una", ma "la questione": non della cieca obbedienza, non di una fede senza ragioni, ma della fedeltà a te, al tuo desiderio di vita. «Scegli dunque la vita».

Non sorprende che, per annunciare il Regno di Dio, le parabole di Gesù abbiano spesso due protagonisti. Quanti racconti, quante fiabe di ogni epoca e da ogni latitudine oppongono due figure, due vie, due possibili esiti. Chi ascolta è così restituito a sé stesso, gli è riaperta la vita. I giochi sono tutt'altro che chiusi: ancora hai una scelta. San Luca spinge la questione sino all'estremo, sino all'ultimo istante, ricordando che anche i ladroni crocifissi accanto al Messia erano due. Non poteva andare diversamente. La libertà infatti non si inchioda. La salvezza, la grazia, il paradiso sono sempre, incrollabilmente vicini: «Oggi stesso» (Luca 23,43). C'è tuttavia qualcosa di più che i vangeli rivelano. Come la vita che ci ha donato, Dio infatti non è banale. Così, proprio le parabole generano terremoti nella sapienza umana, interrompendone gli scivolamenti verso false certezze e giudizi sommari. Quella parola che vuole sciogliere il groviglio della vita, dunque, non sopporta la sua riduzione a bianco o nero, buono o cattivo. C'è ad esempio un figlio che dice al padre «Sì, signore» e poi fa quel che gli pare e il fratello che dice «No, non ne ho voglia», ma si ravvede e sa sorprendere (Matteo 21, 28-32). Non è una storiella, ma la storia di tutti. Israele — il primo a dire sì — ne è colpito al cuore. Lo sono i fedeli di ogni tempo. C'è un altro in loro, non è come dicono: «Noi o voi, dentro o fuori». Gesù rompe la semplificazione del doppio anche nell'altra parabola che racconta di due fratelli: non si tratta semplicemente del cattivo che se ne va e del buono che rimane a casa; di uno che sceglie la morte e sperpera il patrimonio e dell'altro che sceglie la vita e fedelmente lavora a farlo crescere (Luca 15, 11-32). Dov'è la vita e dov'è la morte? Dove sei tu. Sempre. Lì dove tu sei la porta di casa è aperta, puoi scegliere la vita, puoi essere ritrovato.

La letteratura ha indagato con intramontabili capolavori il doppio che è in noi. Sarebbe troppo dire la nostra doppiezza, perché quest'ultima, sebbene sia sempre dietro l'angolo, rappresenta una resa. Che io sia me e il mio contrario non significa che possa adagiarmi nell'ambiguità: lì infatti è la morte. Scegliere la vita è piuttosto cogliere una chiamata, una tensione, proprio nella spaccatura che è in me: non senza dolorose sorprese, non senza fatiche, non senza cadute, rispondere di me sarà scegliere la vita. L'intera vicenda biblica si tinge di vangelo in questo: ognuno ha il suo esodo. Ogni singolo, ogni comunità. Le nostre vite sono intrecciate e provocate l'una dall'altra. Ecco la buona notizia. C'è spazio, c'è tempo, c'è un oggi per ciascuno: è il contrario della rigidità. La rigidità non sopporta quell'infinità di sfumature che genera inquietudine. Vede due sole vie, per mettere a tacere un cuore che vibra di mancanza e di desiderio, in ogni scelta. Fëdor Dostoevskij ha dipinto magistralmente il sospetto del grande Inquisitore, il cui veleno mortale è che la libertà sia troppo per gli umani. Insostenibile per loro? Il Dio biblico non è di questo avviso e qui sta la sfida da assumere in un mondo che chiede libertà e felicità. Cioè cura, fiducia, consolazione, respiro.

Mai senza l'altro. C'è quasi un imprinting trinitario in questa struttura della vita. Agostino ne è stato il cantore e con lui un'intera comunione di santi in cui l'inconciliabile si dissolve in bellezza. Si tratta di abitare la propria vicenda, di assumerla, amandone — non senza autoironia — l'incompletezza. Si può dire, infatti, ogni sera come nell'ultimo giorno «tutto è compiuto» solo riconoscendo di non essere tutto. Persino i nostri discorsi divengono banali — e spesso quelli ecclesiastici lo sono — nella pretesa di dire tutto: scegliere la vita è sempre tagliare, non il male allo stato puro, ma ciò che oggi non è chiesto a me. Tutto, infatti, può rivelarsi benedizione o maledizione, bene o male: il punto è il mio prossimo passo. Esso avviene davanti a Dio: per questo corrisponde al più personale e autentico desiderio. Destabilizzante libertà: «Ama e fa ciò che vuoi». Ama, però.

di SERGIO MASSIRONI 


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Sunday, May 21, 2023

“聖ピオ十世司祭会総長とのインタビュー:教皇フランシスコの教皇職の最新の方向性 2023年5月12日”


聖ピオ十世司祭会総長とのインタビュー:教皇フランシスコの教皇職の最新の方向性 2023512


    彼らは、教理もなく、教義もなく、信仰もない教会を提唱しており、そこではもはや何かを教える権威は必要ありません。すべては『愛と奉仕』の精神に溶解しているのですが、それが何を意味するのか、どこに至るのか、よく分からないままです。

    教会は、矮小化された超自然的ではない「福音」を提示するだけに還元され、人類がもはや回心する必要がないと提示するのです。

    残念なことですが、エクレジア・デイのこれらの団体のメンバーは、トリエント典礼を捧げることを望む他の多くの司祭と同様に、教会生活における現在の出来事に直面して沈黙し、恐怖の中に生きています。この状況は、典礼の領域と教理の領域との間に永久に続く二項対立を引き起こし、そのことが、司祭たちを永久に続く欺瞞の中に生きさせ、信仰告白の必要に直面したときに、彼らを救いようのないほど麻痺させるという危険性があります。


Interview with the Superior General of the Priestly Society of Saint Pius X


聖ピオ十世司祭会総長とのインタビュー


2023512

FSSPX.NEWSサイト


教皇フランシスコの教皇職の最新の方向性


202355日の聖ピオ五世の祝日にFSSPX.NEWSがメンツィンゲンで行ったインタビュー


【問い(FSSPX.NEWS)】総長様、教皇フランシスコは先日、教皇在位10年を迎えました。ここ数年で最も重要なポイントは何だとお考えですか?


【ダヴィデ・パリャラーニ神父】教皇の二つの中心的かつ革新的な思想、つまり「普遍的な恩赦」【全てをゆるす】と理解されるあわれみと、地球を「全人類の共通の家」として尊重することに基礎を置く新しい道徳、この二つの思想に続いて、近年ではシノダリティーという思想によって特徴づけられていることは否定できません。シノダリティーは決して新しい思想ではありません(注1)が、教皇フランシスコはこれを自らの教皇職の優先軸に据えました。


シノダリティーとは、成熟し完成した近代主義の真髄を表しているにもかかわらず、この思想があまりにもどこかしこにも遍在しているため、多くの人は、時に、これに関心を失っています。教会学的な観点から見ると、シノドス革命は、教会の位階構造、機能、そして何よりも信仰の教えにおいて、教会に衝撃を与えるとともに、教会を深く変容させるものだと考えられます。


(注1)第二バチカン公会議直後から始まったシノドス運動だが、それ以来、千回以上の教区シノドスが開催されており、その際、信者が頻繁に参加していた。このことは、まったく革新的なことである。

教皇フランシスコは、教皇就任当初からシノダリティーという概念の要素を明確にした。第一に、「信仰の感覚」(sensus fidei)および、民衆の敬虔さを啓示の源として解釈することを通して(使徒的勧告「福音の喜び」[Evangelii gaudium119-120番参照)、次に、「司教シノドス設立50周年記念講演」(20151017日)において、より率直にシノダリティーの問題を述べることによって、明示していたからである。これに基づいて、国際神学委員会は、「教会の生活と使命におけるシノダリティー」(2018年)という概念を具体的にするテキストを作成し、今日私たちが動いているのを目にしているプロセスを理論化した。

このように、シノダリティーに関するシノドスは、公会議以来広く実験されてきた概念を教会全体の規模で実践的に適用したものとして現れている。この概念は、現教皇在位期間を通じて、提示され、神学的に探求されてきた。


【問い】なぜ、人々はこのシノダリティーに疲れてしまったのでしょうか?


【パラリャーニ神父】考えられるのは、シノダリティーが過度にドイツ語圏の問題として認識されてきたこと、あるいは、おそらく、すべての物事を誇張せずに言えば、シノダリティーは基本的にはベルギーの問題であって、その普遍的な次元が時間の経過とともに失われてきた可能性があることです。ドイツ人たちがこのシノドスのプロセスで特別な役割を果たしたことは確かですが、この問題自体はローマの問題であり、したがって普遍的なものであり、そのため、カトリック教会全体に関わるものなのです。


【問い】このシノドスのプロセスをどのように定義なさいますか?


【パラリャーニ神父】第一に、このプロセスは、あらかじめ定義された教理というよりは、或る具体的な現実です。このプロセスは、混乱した手法であり、もっとよく言えば「一つの実践」(a praxis)です。あらゆる可能性を前もって知ることがないままに開始されたものです。具体的に言うならば、教会をひっくり返そうという断固とした願望です。教導教会は、もはや自らを天主からの啓示の管理者、守護者であるとみなしていません。そうではなく、教皇と共にいる司教団とみなしており、彼らが耳を傾けるのは、信者の声、特にあらゆる周辺部の声であり、つまり最も疎外された霊魂が提案するものに特に注意を払っているのです。それは、牧者が羊になり、羊が牧者になる教会なのです。


その根底にある思想は、天主がご自身を啓示なさるのは、位階階級によって守られている聖書や聖伝という伝統的な経路を通じてではなく、「天主の民の体験」を通じてである、というものです。このため、シノドスのプロセスは、世界中の全教区の信者による話し合いから始まりました。このデータに基づいて、司教協議会のレベルで要約が作成され、数カ月前に最初のローマのまとめ(synthesis)が発表されました。


【問い】天主がご自身を啓示され、天主の民の体験を通じて御旨を周知させられるという思想は、どのような意味を持つのでしょうか?


【パラリャーニ神父】この思想は、近代主義という建築物全体の基盤そのものです。聖ピオ十世は、回勅「パッシェンディ」(Pascendi)全体を、啓示に関するこの誤った思想を糾弾することで構築しています。もし、聖書と聖伝に言及する代わりに、信仰が、最初は個人的な体験に、そして共有されたときには共同体的な体験に還元されるとすれば、信仰の内容、ひいては教会の構造は、あらゆる種類の可能性のある進化に開かれてしまいます。定義によれば、体験とは、ある瞬間と、あるいはある期間と結びついています。体験とは、時間と歴史の中で起こる現実であり、したがって本質的に進化的なものです。それと同じように、私たち一人一人の人生の中にも運動があり、それゆえに進化していくものなのです。


このような信仰体験は、歴史のさまざまな瞬間の認識と必要性に応じて必然的に進化する運命にあり、新しい内容で常に「豊かに」され、同時に、もはや現代的でないものは脇に置かれます。このように、信仰は、むしろ、人類の歴史と同様に、常に新しくて変化する偶発的な出来事と結びついた、人間的な現実となるのです。長期的には、永遠のもの、超越的なもの、不変のものが残される余地はあまりありません。私たちがまだ、天主とカトリック教会について語るならば、この二つの現実は、体験が「ここで、今」(hic et nunc)感じられることを投影したものに終わってしまいます。この二つの用語【天主とカトリック教会】は、私たちの信仰の他のすべての教義的な要素とともに、その真の意味と範囲において取り返しのつかないほど変えられています。この二つの用語は、ぼんやりとしたこの世的で変化しやすいだけのものの中に、徐々に再吸収されていくのです。その用語の意味は、人類と、人類の持つ天主への経験とともに進化します。この思想は新しいものではありませんが、シノドスのプロセスは、その広さと深さの新たな最高点を表しているのです。


【問い】総長様が言われたこの「ローマのまとめ」について、どんなものかをお教えいただけますか。


【パラリャーニ神父】このローマのまとめは、202210月に発表された文書で、タイトルは「あなたの天幕に場所を広く取りなさい」です。


これは、シノドスの旅の大陸段階で司教たちの内省のために、すなわち、それぞれの大陸で共に会う司教たちのために、作成された作業文書です(注2)。この文書は、信者の「信仰の感覚」(sensus fidei)を表現したものであり、司教たちはこれを「シノドス的な教会への回心の道筋を示すあかしであると認識する弟子の目で」祈りながら読み()「教会は()どのようにその福音宣教を刷新するか、()耳を傾けることから学びます。」(注3)したがって、この「信仰の感覚」の表現を前提として、司教たちは結果を導き出して最終決定を下すことが期待されているのです。


(注2)大陸のグループは七つに分かれている。南米と北米は別の存在であり、中東はアジアと別である。

(注3)「あなたの天幕に場所を広く取りなさい」、13番。


さて、このテキストの内容とそこに含まれる提案は、最初から最後まで大惨事です。カトリックの信仰を表現したものとみなされ得るものは、実質的に何一つありません。それどころか、提案のほとんどは、教会がまったく新しい現実へと溶解していくことを提唱しています。信者の一部(そして特に現代では司祭の一部)が奇妙なことを言うのは理解できるかもしれませんが、バチカンのシノドス事務局が作成したまとめにそのような記述が残されたのは絶対にあり得ないことです。


【問い】このまとめの中で、特に危険だと思われる箇所はありますか?


【パラリャーニ神父】残念ながら、文章のほとんどが恐ろしいものです! しかし、特に二つだけ、この文書全体の意図、特に、カトリック教会の本質そのものを、シノドスのプロセスを通じて変えたいという願望を要約しているように思えるものがあります。第一に、権威に関連して、逆向きに機能する教会、教導教会がもはや何も教えることができないという教会を認めたいという明確な願望があります。「一人だけで行う運営を特権化するピラミッド型の権力を解体する教会的パラダイムとして、シノドス的組織モデルを構築することが重要です。教会における唯一の正当な権威は、主の模範に従った、愛と奉仕の権威でなければなりません」(注4)。


ここで私たちが疑問に思うのは、一つの異端があるのか、あるいは単に、私たちが表現することさえできない「無」があるのか、どちらだろうかということです。異端者とは、実際には、まだ何かを「信じて」おり、たとえその思想が歪んでいるとしても、まだ教会についての思想を持っているかもしれません。しかし、ここで私たちが扱っている教会の概念は、曖昧であるばかりでなく、現代の表現を用いれば「流動的」でもあるのです。ここで彼らは、教理もなく、教義もなく、信仰もない教会を提唱しており、そこではもはや何かを教える権威は必要ありません。すべてが「愛と奉仕」の精神に溶解しています。しかし、それが何を意味するのか、どこに至るのか、よく分からないままなのです。


(注4)同上、57番。


【問い】総長様は、特に気になる第二の箇所があるとも言われましたね?


【パリャラーニ神父】はい、あります。次の第二の文章は、全テキストの精神を要約していると同時に、教皇フランシスコの教皇職のこの数年の本当の感情を表しているように私には思えます。「世界は『出向いていく教会』を必要としています。それは、信者と非信者の間の分裂を断ち切り、人類に目を向け、教義や戦略以上のもの、救いの経験、人類と自然の叫びに応える『贈り物の一撃』を提供する教会です」(注5)。この短い文章には、最初に見る文章よりもはるかに深い意味と重要性があると私は確信しています。


(注5)同上、42


信者と信者でない人の区別を拒否することは、現在の文脈では論理的ですが、確かに狂っています。もはや信仰が本物の超自然の現実でなくなれば、信仰を守って宣教するはずの教会そのものが、その存在意義(raison d'être)と人間の中での使命とを変えることになります。


実際、もし信仰が他の経験の中の一つに過ぎないのであれば、どうして信仰がより良いものであるかのように描かれ、またなぜ信仰が普遍的に課されなければならないのでしょうか? 簡単に言えば、一つの感情・経験は、絶対的真理に一致することはあり得ません。その価値は、特定の意見の価値であり、これはもはや伝統的な言葉の意味での真理ではあり得ません。このことは、論理的には、信者と信者でない人の区別を拒否することになります。残っている唯一のものは、期待、意見、叫びを持つ人類であり、そのような人類は超自然のものを主張することはないのです。


このように、教会は人類に対して、もはや超越的な啓示の伝達とは言えない教えを提供することになります。教会は、矮小化された超自然的ではない「福音」を提示するだけに還元され、その時、福音は単なる内省と慰めの書にすぎず、区別なくすべての人に適応している本になりさがります。この観点から、「ラウダ―ト・シ」(Laudato si)が提案する新しい神学と新しい環境保護的な道徳は、人類がもはや回心する必要がないと提示するのです。またその神学と道徳においては、信者と信者でない人の区別はもはや存在していないことを私たちは理解します。


【問い】メディアでは、シノドスが同性婚に注意を払っていることが特に目立ちます。この問題をどのように捉えておられますか?


【パリャラーニ神父】この分野における世界的な圧力が、シノドスのプロセスにも影響を与えていることは否定できません。教会は、特に使徒的勧告「愛のよろこび」(Amoris Lætitia)によってこれらの人々に扉が開かれた後、これらの人々の感情的な必要性に対して、さらに歓迎し、気配りをするよう求められています。これは、最も期待が高まっているテーマの一つです。私たちの受けた印象は、一方では、教会当局が、このようなカップルを祝福することはできないという原則を繰り返し(例えば、20213月の教理省の回答)、他方では、何度かこのようなカップルが祝福されている(役所で法律上の結婚をした後に祝福を受けるために教会に来るカップルもある)というものです。


数カ月前、フラマン語圏ベルギーの司教団は、これらのカップルを祝福する公式な儀式を発表したほどです。この新しい取り組みに対して、バチカンは今のところまだ反応を示していません。アントワープの司教によれば、教皇はこのことをご存じでしたが、ただなすがままにさせておくことにしたのだということです。同じように、ドイツの司教団は、この分野での大きな、そしてあからさまに革命的である前進を提案しています。このすべてのことが、司教や信者の一部による反発を引き起こすのは避けられません。しかし、他の多くの人々は、物事を受動的に観察することで満足しています。


こうして、この分野でも他の分野でも、弁証法的で混乱した状況が生まれ、その中で誰もが自然に、管轄当局からの宣言を待つだけになってしまっています。すると、この当局は、物事が早すぎると思われるときには自由にブレーキをかけますが、譲歩して物事を前に進め、少しずつ、さまざまな慣習や習慣の一部になるようにすることもできます。時には、教会の伝統的な教理が繰り返し述べられ、不変のものとして定義されることもあり、このことは保守派を安心させます。しかし、特定のケースの司牧上の必要性も同様に強調され、和解不可能なものを和解させるという「奇跡的」なあわれみが適用されます。現実には、伝統的な道徳原理や信仰は、このようにして選択可能な意見へと変容していくのです。これは、権威を行使する方法の特徴であり、もはや超越的な原則に導かれることなく、その時々の期待に対して敏感に反応を見せ、純粋に現実的な方法で評価された好機に従って、その期待を満たすことを決意するのです。


しかし、このようなことが、ある時点ですべて止まるというわけではないと理解することが重要です。このように権威を行使する方法は、現代の民主主義国家を支配しているのと同じメカニズムを使っています。今日認可され得なかったものが、明日、同じ弁証法によって、また新しい圧力と新しい前例によって、状況が十分に成熟し、心が十分に準備されたときに、認可されることになるのです。これが、シノダリティーが引き起こすメカニズムの簡単な説明であり、これが、私たちが近代主義の最も完成された例に直面していると言った理由です。


【問い】直近では、教皇フランシスコの教令は、トリエント・ミサを捧げることを望む新任司祭は、聖座の明示的な許可を得なければならないと再定義されました。さらに、小教区の教会で聖伝のミサを許可するためには、聖座の許可も必要であるとされています。これらの施策をどのように評価なさっていますか?


【パリャラーニ神父】経験豊かな専門家でなくても、聖伝のミサを廃止しようという明確な願望がここに見て取れると思います。20232月に発表されたこの教令も、20226月の使徒的書簡「デジデリオ・デジデラーヴィ」(Desiderio desideravi)も、聖伝のミサ典礼書の使用をできる限り制限し、さらにそれを使いたいと思う人を脅して挫かせようとするものです。このような状況下で、トリエント・ミサを捧げる許可を得るために聖座に働きかける勇気を持つ若い司祭がいるとは到底思えません。好むと好まざるとにかかわらず、自発教令「トラディティオーニス・クストーデス」(Traditionis Custodes)以来、このミサは教会で事実上禁じられています。ロシュ枢機卿がつい最近私たちに思い出させたように、公会議によって「教会の神学は変化した」(注6)ため、その結果として典礼も変化したのです。なぜなら、典礼は教会の神学を表現したものであるからです。


(注6)ロシュ枢機卿はこう主張した。「教会の神学は変化しました。以前は、司祭が少し離れたところにいるすべての人々を代表していました。彼らは、ミサを捧げるこの人物だけを通して、いわばつながって(channnelled)いました。(しかし、今日では、)典礼を捧げるのは司祭だけでなく、洗礼を受けた人々も司祭とともにそうするのです。ですからそれは、非常に大きな声となるのです」(BBCラジオ4放送、2023319日)。


【問い】このような状況の中で、エクレジア・デイ団体のさまざまなメンバーは、不確実性と不安の瞬間を経験しているところです。もうすぐ、それに関する新しい教皇の文書が出されるかもしれないと私たちは聞いています。このことについて、何か語ることがおできになりますか?


【パリャラーニ神父】そのような文書については、私は何も知りません。しかし、私は、ダモクレスの剣が常に頭の上にぶら下がっているようでは、司祭は充実した司祭職を送ることはできないと思います。同じように、いつも単なる噂に常に気を取られていては、司祭は平穏な生活を送れません。司祭は、明日ミサを捧げるのを長上から許されるかどうかを気にせずに、ミサに忠実に生きなければなりません。


司祭は、自分が配る大いなる宝を、他の霊魂に与えることに関心を持つべきであり、自分からそれを奪われることを常に恐れて生きたり、自分が置かれている不安定な状況から逃れることができる奇跡を希望して生きなければならなかったりするべきではありません。私は、天主の御摂理がこのような状況を望んでおられるとは、まったくもって思っていません。


さらに、残念なことですが、エクレジア・デイのこれらの団体のメンバーは、トリエント典礼を捧げることを望む他の多くの司祭と同様に、教会生活における現在の出来事に直面して沈黙し、恐怖の中に生きています。悲しいかな、彼らは、今日教会で起こっていることについて懸念を表明し始めたその日に、ダモクレスの剣が自分たちに落ちてくる可能性があることを十分に承知しています。また、ロシュ枢機卿は、彼らにいつでもこのことを思い出させることができるように準備しています! 私は愛徳の心でこう言います。この状況は、典礼の領域と教理の領域との間に永久に続く二項対立を引き起こし、そのことが、司祭たちを永久に続く欺瞞の中に生きさせ、信仰告白の必要に直面したときに、彼らを救いようのないほど麻痺させるという危険性があります。そのため、今日、特にある国々では、シノドス運動という狂気に対する反発が、逆説的ではありますが、聖伝のミサ典礼書の使用を固守しないグループから多く出てきているのです。


【問い】聖ピオ十世会の将来を、どのように考えておられますか?


【パラリャーニ神父】簡単に言えば、聖ピオ十世会は、今まで当会が代表していたものと完全に連続していると私は考えています。聖ピオ十世会は教会の現状に関心を持たなければなりませんが、噂や、この枢機卿があの神学生に内緒で言ったこと、あるいは教会で起こり得るであろうこと、あるいは私たちに起こるかもしれないことに関心を持つことはありません私たちはそのすべてを超えて生きる必要があるのです。


カトリック教会の善のために、聖ピオ十世会は、聖伝の典礼を捧げる完全な自由を、司祭と信者に維持し、保証しなければなりません。同時に、聖ピオ十世会は、この同じ典礼に付随し、その典礼を支える聖伝のカトリック神学を保存していくのを確実にし続けなければなりません。今でもまだ明晰なカトリック信者は、この教理を放棄することはできません。ロシュ枢機卿の言葉を借りれば、公会議によって行われた教理の変更が、まさに新しいミサを作らせたのです! ミサとカトリック教理の両方を維持し、誤謬とそれを教える人々に対して挑戦する完全な自由を保持することは、私たちの義務です。結局のところ、典礼が定義により公的なものであるならば、それに付随する信仰告白も公的なものです。


今日、私たちはこれまで以上に、カトリック教会の聖伝の典礼が、道徳――私たちにはその原則を変える権利がありません――にも一致していることを、私たちは認識しなければなりません。私たちの宗教の中心に、全能の天主が十字架と真の犠牲とを植えられました。十字架なくして、この犠牲なくして、誰も救われることはあり得ません。偽りの愛と偽りのあわれみの感覚の名において、あらゆる種類の忌まわしいものを受け入れることによっては、誰も救われることはあり得ません。救う愛はただ一種類しかありません。なぜなら、清める真の愛はただ一つしかないからです。それは十字架の愛であり、天主の贖いの愛であり、私たちの主が私たちに示してくださり、私たちに伝えてくださった愛であり、主が「愛徳」と呼んでくださった愛です。しかし、この愛は、信仰なしには存在できず、また、それを教える人たちなしには存在できないのです。


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